La formation de la lagune

 

Les paysages qui s’offrent aujourd’hui à notre regard témoignent d’une longue histoire climatique. Alors que les phénomènes géologiques sculptent les formes du paysage, le climat détermine la mise en place des éléments naturels qui vont habiller ce paysage, comme les forêts ou les plans d’eau.

Le Bagnas raconte ainsi, à son échelle géographique et temporelle, l’évolution des paysages littoraux languedociens. À condition, toutefois, de savoir décrypter ce récit des temps anciens. Ce fut l’objectif d’un projet de recherche pluridisciplinaire, le projet DYLITAG (Dynamiques littorales et sociétés en Agathois depuis le Néolithique), qui apporta de précieuses connaissances sur la formation du site.

L’histoire du Bagnas commence il y a plus de 20 000 ans, lors de la dernière période glaciaire, avec le creusement de la dépression qui allait accueillir les futures lagunes. Toute cette zone de basses plaines littorales fut ensuite ennoyée avec l’élévation du niveau marin liée au réchauffement climatique post-glaciaire. S’en est suivie une succession d’épisodes d’isolement et de reconnexion à la mer, jusqu’à aboutir au comblement partiel du territoire. Au cours des derniers millénaires, les variations du niveau de la mer, les courants littoraux et les tempêtes marines, ont peu à peu modelé le site pour aboutir au paysage de zone humide littorale qui caractérise le Bagnas d’aujourd’hui.

Mais les humains ont également profondément modifié leur environnement depuis le Néolithique (6 000-2 200 ans av. J.-C. en France). Les paysages constituent donc un patrimoine naturel, témoin de processus biologiques et physiques souvent très anciens, mais également un patrimoine culturel, héritage de l’action passée et présente des humains.